Chronologie des représentations rupestres: Généralement, les scientifiques utilisent des méthodes comparatives biologiques, géologiques et archéologiques, ainsi que des études complexes, pour déterminer l’âge des gravures rupestres. Dans ce cas, leur datation précise est extrêmement difficile, car il est impossible d’appliquer les méthodes traditionnelles des sciences naturelles (datation au radiocarbone, dendrochronologie, analyse des pigments, analyse spectrale, paléomagnétique, pollinisation, ultrasons, analyse du collagène, etc.). Les recherches actuelles sur l’art rupestre n’ont pas encore permis de dater précisément les gravures. Par conséquent, les seules méthodes disponibles sont des comparaisons relatives, basées sur l’analyse du contenu, du style et de la technique du dessin avec d’autres monuments archéologiques : structures voisines (habitat, sépulture) et artefacts trouvés à proximité (outils, armes, ornements, motifs et peintures sur céramique). Ces comparaisons historico-culturelles donnent des estimations trop approximatives, avec une précision de 1 000 à 2 000 ans, et au-delà, de manière indirecte.
Ainsi, on admet que l’activité de gravure rupestre de nos ancêtres s’est étendue du VIIe au Ier millénaire avant J.-C.
Description générale de la destination: La grande majorité des pétroglyphes anciens d’Arménie sont gravés à même la roche, sur des surfaces brutes de pierres volcaniques dures – blocs et affleurements rocheux. Leurs dimensions varient de 10 cm à 4 m, leur profondeur de 1 à 20 mm et la largeur des sillons de 5 à 30 mm. On trouve des gravures isolées et des groupes de gravures. Ces pétroglyphes sont sculptés sur des surfaces sombres, brillantes et patinées par le soleil, composées de roches andésitiques et basaltiques, par des tailleurs de pierre, puis par des tailleurs de métal. Ces roches sont extrêmement dures. Au fil des millénaires, l’oxydation et l’érosion ont formé à leur surface une fine couche brillante, patinée par le soleil.
En Arménie, l’art rupestre reflète presque tous les aspects de la vie humaine. Il transmet de précieuses informations sur l’environnement, la vie et les traditions, l’artisanat et les savoir-faire, les arts et les connaissances des peuples anciens, ainsi que sur leur monde spirituel – mythologie et vision du monde. L’art rupestre arménien, d’une grande richesse, se divise en 31 groupes thématiques : éléments du terrain (montagne, rivière, lac, source), la Terre, les astres (groupes stellaires, constellations, zodiaque, Voie lactée), phénomènes célestes (éclipse, comète, météore), phénomènes atmosphériques (éclair, nuages, pluie, arc-en-ciel), phénomènes terrestres (volcan), plantes, animaux, agriculture, chasse, combats d’animaux, arts martiaux, sports, compétitions, danse, armes, instruments, moyens de transport, constructions, images appliquées, outils pédagogiques, jouets, costumes, culte, créatures mythiques, anatomie, portraits, images indéterminées, ornements, symboles et signes ressemblant à des lettres.
La majorité des images représentent la faune et la flore (bézoard, mouflon, cerf, gazelle, cheval, taureau, truite, bison, sanglier, ours, léopard, guépard, lion, loup, chien, renard, serpent, oiseaux). Le plus souvent, la vie et les activités de l’homme sont reflétées (chasse, combats, élevage, domestication, culture de la terre, labour), la vie cérémonielle et les rituels (le culte de la maternité, des ancêtres, des divinités, des héros, des jumeaux, des bons esprits, de la fertilité et du temps).
Histoire du site: L’art rupestre en Arménie a débuté au Néolithique et a atteint son apogée à l’âge du bronze. Les gravures rupestres constituent une source culturelle d’une grande valeur. Leur rôle est essentiel pour comprendre l’histoire des hauts plateaux arméniens du VIIe au Ier millénaire avant J.-C., et pour déterminer les origines du peuple arménien ainsi que son évolution démographique.
Sur le territoire de la République d’Arménie, on trouve des pétroglyphes à Aragatsotn (Agarak, versants sud du mont Aragats, Aruch, Geghamavan, Ernjatap, Kaqavadzor, Mastara, Shamiram, Old Shenik, Voskehat, Tghmut, Quchak, Oshakan), à Armavir (Metsamor, Armavir, St. Gayane, St. Hripsime), à Gegharkunik (Lchashen, Sevsar, Vardenik, Vardenyats Pass, Vardenis Ridge), à Erevan (Avan), à Lori (Loriberd, Koges, Neghuts), à Kotayq (Balahovit, Bjni, Geghama Ridge, Geghard, Zovuni, Ptghnavanq), à Shirak (Yereruyq, Haykadzor, Horom, Dzithanqov), à Syunik (Zoratsqar, Tzghuk-Ukhtasar, Jermajur), dans Vayots-dzor (Teqsar, près des sources des rivières Arpa et Yeghegis, Sartsali, dans les régions de Tavush (Gosh).