Chronologie des représentations rupestres: Une longue chronologie a été attribuée à ces sites d’art rupestre, en raison de l’aspect des armes représentées et des similitudes avec des motifs trouvés dans d’autres régions de la péninsule ibérique. D’une manière générale, cette chronologie s’étend de l’âge du cuivre à l’époque romaine. Plus récemment, cette chronologie a été revue à la baisse, et la majeure partie de l’art est désormais attribuée à l’âge du fer et à la période de la romanisation (il y a entre 2 500 et 1 800 ans). La présence d’épées et d’inscriptions de l’époque romaine au Tesito de los Cuchillos permet de dater l’ensemble avec une certaine précision entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C.
Description générale de la destination: L’art rupestre de la région de Hurdas se trouve généralement sur des affleurements rocheux situés à mi-pente au-dessus d’une rivière ou d’un cours d’eau, souvent orientés vers le nord-ouest ou le nord-est. Les motifs se trouvent généralement sur la surface horizontale de la roche, au niveau du sol, sur des affleurements d’ardoise ou de schiste. Les gravures ont été réalisées essentiellement selon deux techniques : le piquage et, surtout, des incisions plus ou moins profondes à l’aide d’outils métalliques, laissant des sillons en forme de « V » clairement marqués. Les gravures de Las Herraduras se trouvent sur plusieurs dalles plates entourées de lajes ou d’affleurements rocheux verticaux qui se détachent dans le paysage. L’ensemble des gravures se divise en trois groupes, chacun situé sur un affleurement rocheux différent. Le motif le plus fréquent, qui donne son nom au site, est celui des fers à cheval, accompagnés d’au moins deux figures humaines ou anthropomorphes.
Las Pimpollosas est un affleurement d’ardoise au ras du sol sur lequel ont été gravés des motifs géométriques très variés : rectangles, carrés, treillis, formes en escalier, points et cercles. De plus, on peut y observer différentes techniques de gravure, allant de sillons profonds qui semblent plus anciens, à des lignes fines et subtiles suggérant une création plus récente.
L’un des éléments les plus frappants est un grand cercle contenant un autre cercle plus petit, reliés par des rayons. Ce motif, difficile à interpréter, pourrait représenter aussi bien un symbole solaire qu’un bouclier circulaire avec son umbo et ses tirants. Sa présence domine l’ensemble et attire immédiatement l’attention. Sur ces gravures anciennes se trouvent d’autres plus récentes, réalisées avec une technique de gravure très fine, parmi lesquelles se distinguent des lignes entrecroisées, des formes en escalier, une possible figure anthropomorphe et quelques motifs circulaires. De plus, on trouve des inscriptions à la calligraphie soignée, datant de l’époque moderne, plus précisément du XVe siècle. Plusieurs alquerques, ou plateaux de jeu pour le morpion, sont également conservés. Ces inscriptions, superposées aux gravures plus anciennes, nous montrent à quel point ce lieu a été un point d’intérêt au fil des siècles. À El Riscal, on peut observer deux fer à cheval réalisés selon la technique du piquetage, des coupelles de petite taille, des motifs triangulaires, un entrelacement de traits fins parsemés d’une sorte de larmes, etc. Tesito de los Cuchillos est l’un des ensembles de gravures les plus fascinants des Hurdes, tant par sa thématique que par sa chronologie. Nous nous trouvons face à une grande dalle de pierre, située sur un versant surplombant deux rivières, près d’un ancien chemin. Cet ensemble est assez connu pour sa représentation d’armes romaines, telles que des poignards et des épées, ainsi que pour une inscription qui les accompagne. Il est divisé en plusieurs panneaux séparés par des espaces vides. Chaque panneau possède sa propre personnalité, avec des motifs allant des armes romaines à des pieds chaussés (appelés « podomorphes »), en passant par des cercles à rayons et une faucille. Le panneau des armes est le plus frappant. On y trouve cinq épées gravées qui, de par leur forme et leurs détails, peuvent être identifiées comme des « gladius », l’arme caractéristique des légionnaires romains impériaux.
À côté des épées, on trouve une inscription en latin : RMAMIIACAVII, qui peut se traduire de différentes manières : « méfie-toi de mes armes », « crains mes armes » ou « protège mes armes ». On voit également un poignard romain, connu sous le nom de « pugio », qui, avec le gladius, faisait partie de l’équipement de base d’un soldat romain. De plus, on distingue deux lances. La représentation d’armes dans les pétroglyphes de Hurda est courante. On trouve également un panneau de podomorphes, comportant jusqu’à une trentaine de gravures de pieds chaussés. Ces pieds ont été gravés à l’aide de deux techniques : le piquetage et l’incision. Curieusement, certains des pieds réalisés par incision se superposent à d’autres gravures. On trouve également un panneau comportant des cercles concentriques (certains entourant des cupules), motif fréquent dans l’art rupestre atlantique. Enfin, il convient de signaler que le site est parsemé d’autres motifs, tels que des étoiles, une faucille, ce qui pourrait être un fer à cheval, des chiffres romains et des gravures plus modernes. À Las Erías, les gravures se trouvent sur un grand rocher lisse, situé sur le versant à côté d’un ancien chemin pavé. Il n’y a pas de représentations figuratives claires, telles que des animaux, des personnes ou des objets, ni de motifs géométriques bien définis ; il s’agit de gravures réalisées selon la technique du piquetage. Malgré cela, deux des motifs ont fait l’objet d’interprétations suggestives, l’un comme une idole et l’autre comme un char. Cependant, ces interprétations sont subjectives et requièrent une certaine imagination, car les gravures ne sont pas tout à fait claires.
Histoire du site: La découverte de ces gravures est très récente, elle remonte au milieu ou à la fin du XXe siècle. Tesito de los Cuchillos a été découvert en 1953, lorsqu’un des ingénieurs chargés du reboisement des Hurdes a remarqué la présence d’une gravure. Par la suite, en 1956, certains d’entre eux ont été étudiés par le chercheur M. Sayans Castaños. Ce n’est qu’au cours des années 80 du XXe siècle que les pétroglyphes ont fait l’objet d’une thèse de doctorat, rédigée par María del Carmen Sevillano San José. Par la suite, certains chercheurs tels que Luis Benito del Rey, Saúl Martín González et Ramón Grande del Brio ont repris leurs études.
Description des ressources du musée: Sur l’application (rock)ART-POINTS, vous trouverez le guide vidéo présentant les 5 sites de ce circuit rupestre : https://artpoints.prehistour.eu/points/22